European Friends of Russia

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Archive for the ‘Articles en français’ Category

Volleyball – Euro U19 (F): les Russes vice-championnes d’Europe

Posted by Kris Roman on September 15, 2008

Les jeunes volleyeuses russes ont remporté samedi la médaille d’argent aux championnats d’Europe de volleyball des moins de 19 ans en concédant une défaite en finale face à l’Italie sur le score de 3 manches à 0 (25-12, 25-20, 25-15).

Il s’agit du troisième titre européen consécutif pour les Italiennes.

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Ossétie du Sud: le Congrès américain exigerait de retirer à la Russie le droit d’accueillir les JO d’hiver-2014

Posted by Kris Roman on August 17, 2008

Un projet de loi exigeant de retirer à la Russie le droit d’accueillir les Jeux Olympiques d’hiver-2014 à cause des événements autour du conflit osséto-géorgien a été préparé au sein du Congrès américain, a appris samedi RIA Novosti auprès du secrétariat de la Chambre des représentants.

“Le Congrès des Etats-Unis estime que le refus du gouvernement de la Fédération de Russie de respecter la souveraineté et l’intégrité territoriale de ces voisins prive ce pays du droit d’accueillir les JO-2014″, dit le document.

Dans la nuit du 7 au 8 août, la Géorgie a agressé la république autoproclamée d’Ossétie du Sud. L’armée géorgienne a pilonné la capitale sud-ossète, Tskhinvali, la rayant pratiquement de la carte et tuant des centaines de civils. Pour y mettre un terme, la Russie a lancé une opération visant à contraindre Tbilissi à la paix. A cet effet, elle a introduit dans la région 10.000 militaires et des centaines d’unités de matériel de guerre pour renforcer les 600 soldats de la paix qui s’y trouvaient déjà. Le 12 août, le président russe Dmitri Medvedev a annoncé la fin de l’opération.

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Fleuret par équipes dames: les Russes championnes olympiques

Posted by Kris Roman on August 17, 2008

La Russie a remporté samedi le titre de championne olympique de fleuret féminin par équipes des jeux Olympiques de Pékin en battant en finale les Etats-Unis 28 à 11.

C’est la cinquième médaille olympique de la sélection russe aux JO de Pékin.

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Sotchi-record: 1.602 jeunes filles en bikini composent le logo d’un magazine féminin

Posted by Kris Roman on July 20, 2008

Un nouvel exploit va entrer dans le Livre Guinness des records, après que 1.602 jeunes filles en bikini ont composé une partie du logo du célèbre magazine Cosmopolitan sur une plage de Sotchi (sud), a constaté sur place le correspondant de RIA Novosti.

“J’ai rapporté de l’état-major des Guinness tous les documents nécessaires afin d’enregistrer ce record”, a confié le rédacteur en chef de la version russe du “Guinness”, Alekseï Svistounov.

Etant données les petites dimensions de la plage Riviera de Sotchi le nom complet du magazine féminin a dû être abrégé, en lui adjoignant cependant deux lettres, “ru”. Ceci a permis de battre le précédent record, établi en Australie en 2007 par 1.010 participantes.

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Prof. Dr. P. Bachmeier : sur la politique étrangère de la Russie actuelle

Posted by Kris Roman on May 8, 2008

Euro-Synergies

http://euro-synergies.hautetfort.com/archive/2008/03/11/prof-dr-p-bachmeier-sur-la-politique-etrangere-de-la-russie.html

 

Réflexions générales sur la politique étrangère actuelle de la Russie

 

 

Entretien avec le Professeur Peter BACHMEIER

 

Le Professeur Dr. Peter Bachmeier est né à Vienne en 1940. Après des études à Graz, Belgrade et Moscou, il a acquis les diplômes d’historien et de politologue, spécialisé dans les questions est-européennes. De 1972 à 2005, il fut collaborateur du célèbre Institut autrichien d’Europe orientale et méridionale, où il dirigea un département. Il enseigna également à l’Institut des Sciences politiques de l’Université de Vienne. Les propos que nous avons traduits ici ont été recueillis par deux journalistes de l’hebdomadaire « zur Zeit », Walter Tributsch et Dimitrij Grieb.

 

Q. : Vu les rapports tendus entre l’Ukraine actuelle et la Russie de Poutine, serait-il invraisemblable d’imaginer que tôt ou tard l’Ukraine se divisera en deux parties ? Les faits parlent pour eux-mêmes : on sait qu’il existe une Ukraine orientale favorable à la Russie et une Ukraine occidentale tournée vers l’Occident, division sanctionnée de surcroît par des faits géographiques incontournables…

 

PB : Si vous ne tenez compte que de facteurs purement statistiques ou si vous mettez exclusivement l’accent sur cette césure objective de nature géographique, vous pourriez effectivement penser que cette division est susceptible de devenir tôt ou tard réalité. Mais je ne pense pas qu’on en arrivera là. Je pense plutôt que la population ukrainienne refusera une adhésion à l’OTAN, y compris en Ukraine occidentale, même si certains sondages nous disent le contraire aujourd’hui. Je pense donc que la population ukrainienne dans son ensemble rejettera l’adhésion à l’OTAN. De surcroît, au sein même de l’OTAN, les opinions divergent quant à l’opportunité d’une adhésion ukrainienne.

 

Q. : Il semble de plus en plus patent que, sur l’échiquier international, la Russie et la Chine marchent main dans la main. Nous le voyons dans l’affaire du Kosovo, où les deux puissances ont clairement articulé leur refus d’une indépendance kosovar. Nous le voyons aussi dans le cas de l’Iran, où Russes et Chinois s’opposent à tout projet d’agression américaine. Sont-ce là les contours d’une politique durable ou n’est-ce que l’indice d’une communauté d’intérêts passagère ?

 

PB : Je pense qu’il existe un réel partenariat stratégique entre la Russie, la Chine, l’Inde, l’Iran et quelques autres pays qui leur sont associés. Ils ont, me semble-t-il, l’intention d’unir leurs efforts sur le long terme, non seulement sur les plans diplomatique et militaire, mais aussi dans les grands projets d’infrastructure comme par exemple, la création d’une nouvelle « Route de la Soie » qui se concrétiserait par une vision eurasienne commune : telle me semble la priorité première de la Russie actuelle.

 

Q. : Lorsqu’il s’est agi de reconnaître l’indépendance du Kosovo, on a assisté, comme il fallait s’y attendre, à des divergences au sein de l’Union Européenne. Pensez-vous que les mêmes divergences se manifesteront lorsqu’il s’agira d’opter pour une coopération plus étroite avec la Russie ?

 

PB : Au cours de ces dernières années et surtout au cours des derniers mois de l’année 2007, nous avons pu observer un retour de la Russie dans les Balkans. Et pas seulement en rapport avec la Serbie, qui, comme tous le savent, est protégée par la Russie. Depuis juillet 2007, on planifie, dans les Balkans, l’installation d’un nouveau gazoduc, qui passera par la Mer Noire, la Bulgarie et la Serbie pour aboutir en Autriche. En janvier, Poutine s’est rendu en Bulgarie et y a suggéré la participation à un projet gigantesque, justement celui du gazoduc « South Stream », plus la construction d’une nouvelle centrale nucléaire. Le projet était si formidable que le gouvernement bulgare en a perdu la voix ! Mais il a signé l’accord proposé. La presse n’en a soufflé mot. L’an passé, Poutine se trouvait à Zagreb pour le sommet des pays est-européens et, à tous les pays représentés, il a fait d’alléchantes propositions en matière de fourniture d’énergie. C’est surtout par le truchement de cette politique énergétique que la Russie est revenue dans les Balkans.

 

Q. : En observant ce retour, les gens vont évidemment se dire que le but de la Russie de Poutine est de récupérer ses anciennes sphères d’influence… Est-ce le cas ?

 

PB : Peut-être mais certainement pas dans le sens que l’on donnait jadis à la notion de « sphère d’influence ». Je ne crois pas que la Russie cherche à établir des bases militaires dans les Balkans. Si la Russie revient dans les sphères d’influence dont elle disposait jadis, ce n’est pas sur le plan militaire qu’elle entame cette démarche mais par le biais de projets économiques. Simultanément, la Russie ne cesse de suggérer des projets nouveaux et alternatifs à l’UE. Elle n’a donc pas l’intention de raviver la Guerre Froide au sens ancien du terme. Bien au contraire. Elle ne cesse de proclamer qu’elle veut coopérer de manière optimale avec l’UE. Cette option est bien entendu en contradiction avec l’échec du sommet UE-Russie de Samara l’an passé. Mais cet échec n’est pas imputable à la Russie. C’est la Chancelière et Présidente du Conseil de l’UE, Angela Merkel, qui en porte la responsabilité.

 

Q. : La question est donc la suivante : dans quelle mesure l’Europe, ou l’UE, est-elle prête à reconnaître que son meilleur allié potentiel se trouve à l’Est plutôt qu’à l’Ouest ?

 

PB : Sur le plan économique, les choses sont claires : l’UE est le plus important partenaire de la Russie. En tant qu’Etat, l’Allemagne est le plus grand partenaire commercial de la Russie. La Russie, quant à elle, est le plus grand marché potentiel pour l’Allemagne. 40% du gaz naturel consommé en Allemagne vient de Russie et les intérêts du monde économique allemand sont encore et toujours fixés en priorité sur la Russie.

 

Q. : Certes, mais aussi sur l’Amérique…

 

PB : Bien sûr, aussi sur l’Amérique. Quoi qu’il en soit, je ne pense pas que cela soit une contradiction que la politique allemande soit très dépendante de l’Amérique.

 

(extrait d’un entretien paru dans « zur Zeit », Vienne, n°9/2008 ; traduction franç. : Robert Steuckers).

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La Russie, l’Europe, le monde

Posted by Kris Roman on May 6, 2008

Par André Waroc

Aujourd’hui, mon regard de Français se tourne vers la Russie. La Russie ; une gigantesque métaphore à elle seule. Les images qui viennent à l’esprit de l’Européen de l’Ouest, en entendant ce nom, sont tout sauf banales : de Lénine à Poutine, des Tsars aux mafias, du Docteur Jivago à la guerre en Tchétchénie, de Raspoutine à Abrahamovitch, le tout arrosé de vodka frelatée. Même l’Allemagne n’est plus, pour nous autres « Gaulois », source aussi vive de fantasmes, d’images attisant tour à tour fascination et crainte.

Mais au-delà de tout ce romantisme, la question qui se pose aujourd’hui est de savoir vers quel autre pays peut se tourner un Européen qui ne s’est pas encore décidé à la dissolution de son identité dans l’immigration de masse, et à celle de son pays dans l’U.E., ou l’O.T.A.N. (c’est la même chose).

Face à la soumission totale des autres nations d’Europe à l’impérialisme américain et à l’idéologie mondialiste kouchnerienne, le seul motif de satisfaction, mais il est de taille, est la renaissance de la Russie suite à l’avènement de Vladimir Poutine.

Quelques chiffres : en huit ans, une croissance de presque 7 % par an, un niveau de vie triplé, le taux de chômage réduit de moitié. La Russie, d’après une étude commandée par la banque Goldman-Sachs, deviendrait la sixième puissance économique mondiale à l’horizon de 2050, devançant à cette date la Grande-Bretagne, l’Allemagne et la France.

Ce redressement spectaculaire a été rendue possible par deux événement quasi-simultanés : l’explosion du prix des hydrocarbures, et la « renationalisation » de Gazprom, le gigantesque consortium qui en assure l’exploitation. Pour le dire autrement : Gazprom a quitté la logique du libre-échangisme mondialisé pour devenir un instrument de la politique nationaliste du Kremlin, c’est-à-dire que l’économie s’est mise au service du politique. Ce qui est exactement l’inverse de ce qui se passe en Europe de l’Ouest et notamment en France, ou les dirigeants des multinationales, en obtenant du pouvoir l’accroissement de l’immigration et la suppression toujours plus complète des barrières douanières,s’enrichissent en tiers-mondisant la société.

La Russie, quant à elle, premier détenteur mondial de réserves de gaz et de pétrole, se « saoudise » en faisant de sa colossale richesse en matières premières la quasi-unique source économique de sa puissance politique. Comme le disait Oli Perheentupa, ministre des affaires étrangères de la Finlande (frontalière) en 2004 : « Ce qui est à la fois intéressant et triste de constater est que la structure des exportations russes vers notre pays est principalement composée de matières premières énergétiques et non pas de produits à forte valeur ajoutée, reflétant ainsi les difficultés continues de l’économie russe à devenir vraiment une économie moderne et développée. »

Cette inaptitude à une véritable industrialisation, à la production et à l’exportation de produits manufacturés en série est une constante, non en Europe slave (des pays comme la Pologne ou la République tchèque ne sont pas concernés), mais beaucoup plus précisément dans les pays de tradition orthodoxe, qu’ils soient slaves (Russie, Serbie, Biélorussie, etc.) ou non (Grèce, Roumanie). Le communisme soviétique fut une tentative des Russes de reprendre à leur compte et d’appliquer les croyances « occidentales » en l’eschatologie technologique, c’est-à-dire au « progrès », idée qui provient en réalité de décisions théologiques prises en Europe de l’Ouest, après le schisme de 1054, par les Papes de la réforme grégorienne (voir mon texte « Les idiots utiles du christianisme occidental »). Il s’agit donc ici d’un aspect structurel de la psychologie collective des chrétiens orthodoxes.

Néanmoins, l’avantage que possède la Russie sur l’Europe de l’Ouest, même si les sources de sa puissance restent fragiles, c’est justement cette volonté de puissance, quand l’Allemagne, la France ou l’Italie semblent y avoir totalement renoncé, pour des raisons tenant à la fois, elles aussi, de leur psychologie collective originelle, et du traumatisme de la Seconde Guerre mondiale. L’Angleterre comme la Russie ont été les deux grands vainqueurs européens de cette guerre. Elles en ont tiré, ne l’oublions jamais, des conclusions diamétralement opposées à celle de la France ou de l’Allemagne quant à leur avenir politique après 1945. Ce n’est aucunement un hasard si, encore aujourd’hui, elles refusent de participer à la construction européenne, excepté le fait que les Britanniques ont accepté l’idée d’un marché commun économique, tout en refusant l’euro. La Grande-Bretagne en est resté à l’Europe des nations. (Il est à craindre, néanmoins, que son appartenance indiscutable à la civilisation ouest-européenne ne soit de nature à faciliter la propagation de l’idéologie bruxelloise. Perméabilité culturelle qui est une constante entre des pays appartenant à la même civilisation.

Vladimir Poutine, prenant acte de l’assujettissement total de l’Europe de l’Ouest à l’idéologie mondialiste et aux États-Unis, a définitivement enterré l’idée d’une hypothétique alliance « Paris-Berlin-Moscou » qui restera à l’état de fantasme chez quelques « identitaires » totalement marginalisés. L’Europe de l’Ouest est irréformable. À ceux qui espèrent, sur le plan politique, philosophique, ethnique, sa refondation totale, contentons-nous de dire que cela passe, très logiquement, par la destruction totale des principes politiques, philosophiques, idéologiques qui la soutiennent et la soutiendrons jusqu’au cataclysme final. Il ne peut en être autrement : la fausseté de principes (l’égalitarisme, le relativisme, l’universalisme démocratique, etc.) érigés en croyance religieuse ne pourra être démontrée qu’en appliquant leur logique jusqu’au bout. Seule la réalité claire, incontestable et visible par tous de l’échec de ces principes pourra permettre leur évacuation, comme ce fut le cas pour le communisme en U.R.S.S.

En attendant ce jour, seule la Russie peut perpétuer le souverainisme européen en cessant, paradoxalement, de se réclamer d’une Europe dont le nom même est détourné de son sens originel, et désigne dorénavant une société bureaucratique soutenant l’expansion mondiale des principes déjà exposés.

Ne se sentant plus liée par aucune pesanteur historique ou sentimentale, ayant résolument tourné le dos à une « fin de l’histoire » à laquelle seule continue de croire l’Europe de l’Ouest, la Russie attaque, esquive, noue des alliances, cherche l’affrontement ou essaie au contraire de l’éviter, alterne brutalités d’un autre âge et subtiles manœuvres diplomatiques. Sur ce point, la Russie actuelle prolonge l’U.R.S.S. Celle-ci, qui sur le plan intérieur fut un désastre, avait développé les moyens d’une politique étrangère terriblement efficace, à commencer par des services de contre-espionnage peut-être les plus performants au monde ; en matière d’armement, un développement poussé à l’extrême des hautes technologies, mixé hélas avec le concept d’une « armée du peuple » totalement archaïque, et qui a montré toute son impotence dans la première guerre de Tchétchénie (conflit « asymétrique ») .

L’axe principal de la diplomatie russe face à l’encerclement américain est le contrôle de son « étranger proche », et en premier lieu les ex-républiques soviétiques, que les États-Unis essaient d’arracher à l’orbite du Kremlin.

Plus intéressante encore est l’ébauche d’une alliance tripartite entre la Russie, l’Inde et la Chine, c’est-à-dire entre les leaders politiques incontestés des civilisations orthodoxe, hindoue et confucéenne. L’alliance sino-russe est déjà, au moins partiellement, une réalité, et s’est d’ailleurs en quelque sorte imposé aux deux pays, la Chine et la Russie tirant une conclusion logique du fait qu’elles constituaient les deux cibles privilégiées, voire exclusives, des États-Unis d’Amérique. En 2005, les deux nations ont pendant une semaine, pour des manœuvres de grande ampleur, mobilisé une flotte conjointe de 140 sous-marins et navires militaires entre Vladivostok et la mer Jaune. Si la Russie entretient également des relations privilégiées avec l’Inde, l’écueil le plus important est la politique traditionnelle de défiance de la Chine à l’égard de New Delhi. Politique qui peut aisément se renverser, les Chinois dans leur ensemble n’éprouvant pour l’Inde aucune haine particulière ni hostilité de principe, contrairement à ce qui se passe par exemple pour le Japon.

Cette alliance, pour l’instant encore hypothétique et dirigée contre l’impérialisme américain, a encore plus de raisons d’être face à l’expansionnisme islamique que doivent combattre et que devront combattre de plus en plus ces trois pays. La Chine possède le Xinjiang, l’Inde le Cachemire, la Russie la Tchétchénie, l’Ingouchie, le Tatarstan, etc. Ces minorités musulmanes sont un problème crucial pour les trois États, tous engagés dans la répression armée de guérillas continuelles, employant le terrorisme. Contre l’impérialisme américain et l’offensive globale, militaro-politico-démographique, de l’islam, l’interposition concertée de l’Inde, de la Chine et de la Russie, en plein boom économique, ne peut être que souhaitée.

Face à l’évolution d’un monde de plus en plus chargé de menaces, on ne peut hélas que constater l’effacement total de l’Europe de l’Ouest, qui réduit ses budgets militaires (ou les maintient à un niveau anémique) alors que le monde entier se réarme, qui semble persuadé que rien ne pourra troubler son projet d’édification d’un « village global » définitivement pacifié et prospère, alors que ce concept, à l’intérieur même de l’Union européenne, n’a jamais aussi peu correspondu à la réalité.

Protectorat américano-marxiste depuis 1945, les nations d’Europe de l’Ouest ne sont plus en aucun cas des acteurs de la politique internationale, et d’abord parce qu’elles ont choisi de ne plus l’être. Le cataclysme qui attend ces nations, sous l’effet de la colonisation islamique, nous oblige à considérer la Russie, actuellement en pleine ébullition, réactivant en même temps la maîtrise technologique soviétique et l’idéal messianique orthodoxe dans une perspective archéofuturiste, comme le seul et unique recours possible de l’Europe.

 

 

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Krasnodar: plus de 180 sociétés se donnent rendez-vous au salon “Vins et Boissons”

Posted by Kris Roman on April 9, 2008

RIA Novosti. Le salon “Vins et Boissons” ouvrira ses portes mercredi à Krasnodar, chef-lieu du territoire du même nom dans le sud de la Russie, a annoncé à RIA Novosti le service de presse du centre d’exposition KrasnodarEXPO.

Ses stands exposeront “les meilleurs échantillons de vins russes et les nouveautés des grandes marques mondiales, ainsi que des technologies de production”, indique un communiqué de presse.

Sur une superficie de 2.500 mètres carrés, le salon accueillera plus de 180 sociétés vinicoles russes et étrangères dont celles des territoires de Krasnodar et de Stavropol, de la région de Rostov, du Daghestan, de Moscou et de sa région, de Saint-Pétersbourg, ainsi que leurs collègues allemands, italiens, français, moldaves et ukrainiens.

Pour la première fois, 21 sociétés françaises présenteront une exposition collective unique qui sera un point fort du salon. L’accent sera mis principalement sur les technologies en matière de viticulture et de vinification.

“L’exposition française montre une nouvelle fois que la France s’intéresse beaucoup au développement des relations avec la Russie dans le domaine de l’agriculture et accorde son soutien aux entreprises françaises travaillant en Russie”, souligne le communiqué de presse.

Un concours international des vins et des boissons, “Russie méridionale 2008″, sera au centre du programme d’affaires du salon qui durera jusqu’au 12 avril.

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Moscou dit non à la publicité dans le centre-ville

Posted by Kris Roman on April 9, 2008

Les affiches publicitaires ne seront bientôt plus admises dans les quartiers environnant le Kremlin, dans le centre historique de Moscou, a déclaré mardi à Washington un haut responsable de la mairie de la capitale russe.

“D’ici la fin de l’année, nous supprimerons les affiches publicitaires sur tout le territoire autour du Kremlin de Moscou”, a indiqué Vladimir Makarov, président du comité pour la publicité, l’information et la décoration de la ville, lors du 41e congrès de l’Association internationale de publicité (AIP).

Quelque 70 banderoles publicitaires sont actuellement installées dans les quartiers environnant le Kremlin.

Selon M. Makarov, les zones entourant le domaine de Kolomenskoïé, ancienne résidence de campagne des tsars de Russie, et le couvent Novodiévitchi connaîtront le même sort en 2009. Cette opération fera perdre au budget municipal une centaine de millions de roubles (moins de 3 millions d’euros) par an.

Les recettes de la mairie de Moscou tirées de la publicité ont triplé au cours des trois dernières années, se chiffrant à 5 milliards de roubles (environ 135 millions d’euros) en 2007.

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La guerre de l’Eurasie

Posted by Kris Roman on March 27, 2008

349873846.jpg Euro-Synergies 

 

http://euro-synergies.hautetfort.com/eurasisme/

 

La pénétration de la thalassocratie américaine dans l’« espace-noyau » eurasien

 

« La présence des troupes américaines en Géorgie n’est pas une tragédie … Si cela est possible dans les Etats d’Asie Centrale, pourquoi serait-ce impossible en Géorgie ? Chaque Etat a le droit de choisir sa propre politique dans le domaine de la sécurité. La Russie reconnaît ce droit. »  – Vladimir Poutine, Président de la Fédération Russe.

 

« Qui domine l’Europe de l’Est contrôle le Heartland ; qui domine le Heartland contrôle l’Ile Mondiale ; qui domine l’Ile Mondiale contrôle le monde. »  – H. Mackinder.

 

Au cœur du problème

 

Sir Halford Mackinder, le géographe anglais qui écrivit «Idéaux démocratiques et réalité», plaça cette devise la?pidaire à la base de son propre concept géopolitique mondial. Dans l’éternel combat entre Terre et Mer, l’a?xe central de l’histoire et de la géopolitique est le Heartland, le cœur de l’Eurasie. L’immensité herbeuse de Si?bérie Occidentale, de la toundra du Nord à la mer Caspienne, de la Volga à la Mongolie, avec l’Oural comme é?pine dorsale, est le cœur palpitant de la tellurocratie, de la puissance terrestre eurasienne.

 

Notre «Destin manifeste».

 

Même dans notre monde moderne dominé par les plus récentes technologies, l’ESPACE et la SITUATION repré?sen?tent une puissante protection contre toute tentative d’agression contre l’épine dorsale géopolitique ter?res?tre de l’Eurasie, qui, depuis des siècles, coïncide presque parfaitement avec la puissance terrestre par ex?cel?lence : la Russie. Que ce soit la Russie tsariste ou l’Union Soviétique de Lénine et Staline, l’empire terrestre eu?rasien a suivi ses propres directions géopolitiques d’expansion, s’opposant à la puissance croissante des puis?sances maritimes : l’empire britannique au 19ième siècle, les Etats-Unis durant le dernier siècle.

 

Le nœud afghan

 

La défaite soviétique en Afghanistan fut l’une des causes principales de l’implosion et de la désintégration de l’em?pire terrestre moscovite. C’est un exemple presque unique dans l’histoire d’une auto-dissolution non cau?sée par une invasion extérieure, du moins pas au sens classique de ce terme. La CEI [Communauté des Etats In?dé?pendants], née de ses cendres, n’est qu’un pâle souvenir de l’empire disparu.  En empêchant la puissance ter?restre d’avoir un libre accès aux océans, en plus des mers intérieures, et en tenant étroitement en main les îles et les péninsules de l’Eurasie, la thalassocratie américaine a remporté la victoire sur la puissance conti?nen?ta?le, suivant les enseignements géopolitiques de Mackinder et —déjà avant lui— ceux de l’Amiral américain A. T. Mahan, clairement définis dans son livre «The Influence of Sea Power upon History» [L’influence de la puis?sance maritime sur l’Histoire]. De même, la stratégie de l’étouffement des puissances continentales de grandes dimensions se poursuivra, par le biais de la domination des espaces sidéraux et l’utilisation des «vaisseaux interstellaires»…

 

Le “rimland” contre le “heartland” : une attaque concentrique

 

Si l’on la regarde à la lumière de la doctrine géopolitique et à celle du choc contemporain —et bien évident— entre la Mer et la Terre, entre l’Amérique et l’Eurasie, la stratégie de Washington est claire comme de l’eau de roche. Les provocations anti-chinoises au sud de la mer de Chine, visant à tester la résistance et la réac?ti?vi?té de Pékin, vont main dans la main avec les pressions sur la Corée du Nord, qui est un bastion de la résistance à la pénétration américaine sur le flanc Est, mais qui est aussi un Etat voisin à la fois de la Chine et de la Fé?dé?ra?tion Russe, proche de Vladivostok, la « porte orientale » de l’empire russe.

 

Le véritable “axe du mal”

 

Comme le Monde diplomatique l’a rétorqué à juste titre à Bush, le véritable «Axe du Mal» est le Fonds Mo?né?taire International + la Banque Mondiale + l’Organisation Mondiale du Commerce, les Etats-Unis étant leur pro?jet mondial et leurs bras militaire. Le contrôle des sources d’énergies de l’Eurasie, la « guerre contre le ter?ro?ris?me islamique » et l’invasion de l’Afghanistan sont trois aspects complémentaires du même plan d’hégémonie planétaire. Et l’espace russo-sibérien est la cible stratégique de cette attaque. L’alliance entre la Turquie et Is?raël n’est que le début de l’agression contre le Moyen-Orient, le monde arabe et islamique. Et la réactivation de la guerre russo-tchétchène —après les mystérieux attentats en Russie— n’a fait que favoriser l’arrivée au pou?voir de Poutine sur la vague du nationalisme russe et panslaviste. A présent, les soldats américains sont déjà en Géorgie …

 

L’ennemi sur le seuil de la porte

 

Ironie de l’histoire, ce fut justement Staline, le génial créateur de la puissance russe moderne, qui fut à l’o?ri?gi?ne de l’actuel danger pour l’intégrité et pour la survie même de la Russie. C’est la revanche géorgienne pour l’Abkhazie, qui ouvre à l’OTAN les portes du Caucase russe. Ironie du sort, les Etats-Unis ont demandé et ob?te?nu de leurs futures victimes —la Russie et  la Chine en premier lieu— leur consentement pour une guerre de con?quête contre l’Eurasie. Si le Kremlin avait pensé exploiter son appui à l’invasion américaine en Afgha?nistan pour avoir les mains libres dans une guerre intérieure qu’il a commencée et ne pouvait pas gagner —main?tenant il a gagné sa juste récompense.

 

La Russie : la dernière chance

 

La Russie secouera-t-elle son immobilisme hypnotique face au plan de l’anaconda américain : l’étouffement du con?tinent eurasien? Le peuple russe se libérera-t-il des chaînes imposées depuis plus d’une décennie par le mon?dialisme triomphant? Les élites russes les plus conscientes du rôle géopolitique de leur pays et du continent eu?rasien reprendront-elles en main le destin de la Russie et dirigeront-elles la contre-offensive à partir des der?niers bastions libres? De la réponse à ces trois questions dépendra l’avenir non seulement de la Russie, mais aussi de l’Europe, de la Chine, du monde arabe et islamique, de l’Afrique et de l’Amérique latine —le destin et la survie de l’Eurasie et du monde entier. « Qui domine l’Ile Mondiale contrôle le monde » … 

 

(Résumé par “Archivio Eurasia”; traduction de F. Destrebecq)

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Le tourisme en Russie: un potentiel inexploité

Posted by Kris Roman on March 17, 2008

Par Maxime Krans, RIA Novosti  Les ministères et départements russes continuent de faire le bilan de l’année 2007. Cette fois-ci, c’était au tour de Rostourizm, Agence fédérale russe pour le tourisme (AFT). Au cours du collège organisé lundi dernier, le directeur de l’agence Vladimir Strjalkovski a commencé son discours par une bonne nouvelle: le nombre de Russes qui se sont rendus à l’étranger en 2007 a augmenté de 18% par rapport à l’année précédente. Par la suite, c’est une nouvelle moins réjouissante qu’il a dû annoncer: le flux de touristes étrangers en Russie n’augmente pas, même s’il ne se réduit pas non plus, comme ce fut le cas les années précédentes. Il a diminué d’un quart au cours de ces cinq dernières années. Pourquoi les étrangers ne veulent-ils pas se rendre en Russie? L’Organisation mondiale du tourisme (OMT) a enregistré un nouveau record l’année dernière: le nombre total de voyageurs s’étant rendus à l’étranger en quête de nouvelles sensations, pour des vacances ou dans le cadre de voyages d’affaires, s’est chiffré à 900 millions, or seulement 20 millions se sont envolés pour la Russie. A titre de comparaison: la France a accueilli 80 millions d’étrangers et la capitale britannique, à elle seule, 18 millions (et ce, sans compter les 12 millions de provinciaux britanniques qui l’ont visitée). N’est-il pas tentant pour les étrangers de contempler les trésors du Kremlin de Moscou, de marcher le long des quais de Saint-Pétersbourg ou de bronzer sur les plages de Sotchi? Si, à en juger par les résultats des sondages réalisés par les agences de voyages. Mais en réalité, peu de gens peuvent se permettre un voyage en Russie. Par exemple, un circuit de huit jours revient à un Européen à environ 1.500 euros, un prix qui équivaut à un voyage de deux semaines en Chine ou à deux voyages au sein de l’Union européenne. Les tarifs exorbitants des hôtels russes, surtout dans les deux capitales (Moscou et Saint-Pétersbourg), qui accueillent 80% des touristes visitant la Russie sont la principale raison expliquant des prix si élevés. Pour s’en assurer, il suffit de consulter l’un des sites permettant de réserver une chambre d’hôtel à Moscou. Voici ce qu’on y trouve: Ararat Park Hyatt – 26.000 roubles la nuit (plus de 700 euros), Baltschug Kempinski – 19.600 roubles (plus de 530 euros). Certes, ce sont des hôtels de luxe (“cinq étoiles”), mais les prix des hôtels “trois étoiles” ne sont pas moins impressionnants: Heliopark Empire – 8.100 roubles (220 euros), Holiday Inn – 8.600, Zaria (un hôtel typiquement soviétique pour un public peu exigeant) – 4.500 roubles (122 euros). Notons qu’il s’agit là d’une saison morte sur le plan touristique. Selon l’OMT, le voyageur occidental moyen est prêt à payer pour une chambre d’hôtel entre 80 et 100 dollars au maximum (soit 1.900-2.400 roubles, 50-65 euros). Mais il est impossible de trouver un hôtel relativement bon marché en Russie. Cependant, un grand nombre d’hôtels ont été construits ces dernières années dans les villes russes: selon certaines estimations, le volume du marché s’élève à 1,7-2 milliards de dollars, avec une croissance annuelle de 20-25%. Mais en raison du coût élevé des terrains et du temps important de retour sur investissement, il est désavantageux de construire des hôtels de classe moyenne, même si la demande pour ce genre d’établissements à Moscou dépasse de 30 fois l’offre. Les autorités moscovites promettent depuis des années de lancer un programme de construction d’hôtels bon marché. Conformément à leurs ambitieux projets, le nombre de touristes étrangers se rendant à Moscou devrait atteindre 5 millions d’ici deux ans pour se chiffrer à 10 millions de personnes vers 2020. Il est difficile de croire que ces projets puissent être réalisables, si l’on prend en compte qu’à l’heure actuelle, la capitale russe ne compte que 219 hôtels, susceptibles d’accueillir un peu plus de 72.000 personnes. Cependant, le déficit hôtelier, accompagné de l’augmentation artificielle des prix, ne sont pas les seuls obstacles empêchant la Russie de devenir une grande puissance touristique. S’y ajoutent des restes de l’époque soviétique s’exprimant à travers le comportement inhospitalier du personnel hôtelier, les procédures d’obtention de visa très compliquées, les particularités russes exaspérantes comme le contrôle des passeports, le prix d’entrée des musées – plus élevé pour les étrangers que pour les Russes – la situation criminogène dans les villes russes et, naturellement, les interminables embouteillages et le mauvais état des routes en Russie… Qui plus est, les Russes ne savent pas organiser les infrastructures nécessaires autour des différents lieux touristiques artificiels ou naturels, à la différence des pays touristiques expérimentés, qui entourent d’hôtels, de restaurants et de magasins débordant de souvenirs tout site un tant soit peu remarquable que l’on peut trouver sur leur territoire. Or, la Russie regorge d’endroits pittoresques et intéressants, comme par exemple le lac Baïkal, mentionné entre autres lors du collège de Rostourizm. Voilà un vrai cadeau pour le secteur touristique russe, pourrait-on penser. Mais non: cette région gigantesque ne possède que deux hôtels convenables à Irkoutsk et quelques bases touristiques antédiluviennes sur le littoral et dans l’île d’Olkhon. Alors, peut-on s’étonner que cette région – unique pour ses possibilités en matière de loisirs – ait été visitée par seulement 51.800 touristes étrangers l’année dernière? Les auteurs d’un rapport spécial du Conseil mondial du voyage et du tourisme (WTTC), qui analyse l’état de ce secteur en Russie, recommandent au gouvernement de placer l’industrie touristique parmi les priorités de développement. D’après leurs prévisions, si l’Etat parvient à créer des conditions favorables au développement du secteur, la part des recettes provenant du tourisme dans le PIB pourra atteindre 9,1% d’ici 2016. D’après les estimations de Vladimir Strjalkovski, à l’heure actuelle, elle n’est que de 2,5-3%. Il faut souligner que personne ne sait quelle est la part de ce secteur en réalité. Ceci confirme une fois de plus que l’industrie touristique continue d’être considérée en Russie comme un secteur nécessaire mais néanmoins peu important de l’économie russe, et qui est, bien entendu, loin d’être prioritaire.

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Alexandre Griboïedov ou le génie sacrifié

Posted by Kris Roman on February 29, 2008

          Par Tatiana Sinitsyna, RIA Novosti          Téhéran. 11 février 1829. Une foule effrénée de Perses fanatiques dévaste et pille la mission diplomatique russe. Les 37 personnes qui y travaillent sont atrocement mutilées, un seul réussit à se sauver. La foule a littéralement explosé en apprenant que deux femmes chrétiennes, une Géorgienne et une Arménienne, se sont réfugiées dans les murs de la mission russe. “Le drapeau russe vous protégera”, leur avait assuré l’ambassadeur, Alexandre Griboïedov, 34 ans. Après avoir passé son uniforme de parade, celui-ci apparait devant la foule: “Ressaisissez-vous, sur qui portez-vous la main? C’est la Russie qui se trouve devant vous!”. Mais il est aussitôt mis à terre.Alexandre Griboïedov avait pour mission de réclamer à Téhéran une indemnité de guerre et d’exiger le rapatriement des prisonniers russes. Son intransigeance lui fut fatale.Ainsi disparut l’un des auteurs les plus brillants de sa génération, ouvrant une époque à la fois faste et sombre pour la culture russe, qui allait perdre en douze ans, avec Alexandre Pouchkine et Michel Lermontov (morts des suites de duels en 1837 et 1841), trois écrivains et poètes qui, par la force de leur oeuvre et le sacrifice de leur génie, ont véritablement lancé l’âge d’or de la littérature russe.Le corps de l’ambassadeur fit l’objet d’une abominable profanation. Il fut traîné sur les pavés, et sa dépouille jetée sur un tas d’ordures et couverte de chaux. Le cadavre du diplomate, compositeur et écrivain ne put être identifié que grâce à une mutilation qu’il avait à la main, souvenir d’un duel. On posa le cercueil sur un corbillard tiré par des mulets, qui l’emporta vers la frontière russe. Pouchkine, qui voyageait alors au Caucase, croisa ce chariot funéraire au détour d’un chemin de montagne…”Je suis jeune, je tombe facilement amoureux, je suis musicien, poète… Bref, il est impossible que je me sacrifie sans une contrepartie un tant soit peu convenable…”, avait écrit Griboïedov dans une lettre à un ami en mai 1818, après avoir enfilé pour la première fois son habit de diplomate. C’est le fameux diamant Shah, envoyé à Saint-Pétersbourg par le shah de Perse, qui constitua cette “contrepartie convenable” pour l’assassinat de l’ambassadeur russe. Ce diamant fut dès lors qualifié de “sanglant”. Cette pierre, d’une beauté rare (90 carats, 18 grammes, 3 cm de longueur, couleur jaune, d’une extrême clarté), avait été transmise pendant près de mille ans d’un roi à l’autre, comme en témoignent les inscriptions gravées sur ses facettes. A l’heure actuelle, le diamant est conservé au Fonds diamantaire de Russie (au Kremlin de Moscou).Alexandre Griboïedov laissa à la culture russe deux belles valses et une oeuvre littéraire immortelle, la comédie “Du malheur d’avoir de l’esprit”, l’une des pièces les plus étonnantes de la littérature russe. D’innombrables citations tirées de cette oeuvre sont rentrées dans le langage quotidien et devenues des proverbes ou des aphorismes (comme par exemple “Je serai heureux de servir; ce qui me répugne, c’est d’être asservi”, “Ce que nous avons le plus à redouter, c’est la colère des maîtres et aussi leur affection”, “Tout est toujours mieux là ou l’on est pas”, ou encore “Les gens heureux ne regardent jamais l’heure”). Les personnages de cette comédie incarnent des archétypes que l’on croise encore de nos jours dans la société russe.Alexandre Griboïedov naît en 1795 à Moscou, dans une vieille famille aristocratique jalousement attachée à l’esprit patriarcal. Plusieurs de ses parents serviront de modèles pour ses personnages satiriques. Le jeune homme, particulièrement doué, entre très tôt à l’Université de Moscou. Il y fait ses études en même temps dans trois facultés différentes: lettres, droit et physique et mathématiques. L’esprit de liberté et d’idéaux nouveaux qui règne dans l’établissement trouve un parfait écho dans la nature du jeune homme. Il se tourne vers la littérature, compose des vers et des comédies, mais également des articles polémiques.Maîtrisant six langues étrangères à la sortie de l’université, Griboïedov souhaite se consacrer à la science. Mais le destin en décide autrement: le jeune homme entre au Collège des Affaires étrangères, qui l’envoie au Caucase, où la guerre fait rage à l’époque.Devenu secrétaire de la Mission russe en Perse, le diplomate commence à rédiger “Du malheur d’avoir de l’esprit”. “J’avais du temps en abondance”, expliquera-t-il par la suite à ses amis. Il se laisse prendre au jeu de la rédaction de cette comédie, et sa plume se fait particulièrement légère. En 1824, on lit déjà cette oeuvre brillante dans les salons moscovites et pétersbourgeois. Des copies du manuscrit sont rapidement diffusées, conférant à l’auteur une célébrité inouïe.Il reste alors à Alexandre Griboïedov cinq ans à vivre. Il joue un grand rôle dans la préparation et la conclusion, en 1828, de la Paix de Turkmantchaï avec la Perse, dont les conditions sont très avantageuses pour la Russie. En guise de récompense, le tsar lui accorde le titre de ministre plénipotentiaire, c’est-à-dire d’ambassadeur, en Perse. Brillant diplomate, charmant et plein d’esprit, possédant un don pour la persuasion et inspirant la confiance: tel est le portrait que ses contemporains ont dressé de lui.Cependant, ce brillant cavalier se montre plutôt sceptique envers le sexe faible. Ses amis et parents se disent même certains qu’il ne se mariera jamais, faute de pouvoir trouver une femme qui puisse supporter sa nature ironique et caustique. Néanmoins, à l’âge de 33 ans, Griboïedov tombe fou amoureux de la princesse Nina Tchavtchavadzé, 15 ans, fille de son ami de Tiflis (aujourd’hui Tbilissi), le prince et poète géorgien Alexandre Tchavtchavadzé. Le mariage sera prompt mais heureux.Au début de l’année 1829, accompagné de sa jeune épouse enceinte, Griboïedov se met en route pour la Perse. Il laisse Nina temporairement à Tabriz, à la frontière, pour aller seul à Téhéran, où l’attend son destin tragique…Nina, anéantie par la nouvelle de la mort de son époux, accoucha avant terme. L’enfant, aussitôt baptisé Alexandre, en l’honneur de son père, ne survécut pas. La veuve âgée de 16 ans, dont la beauté fut souvent comparée à celle de Natalia Pouchkina, l’épouse de Pouchkine, fit voeu de célibat et pleura cette perte durant le reste de sa vie. Nina Griboïedova vécut 53 ans. Tous les jours, elle parcourut le chemin accidenté qui mène au mont Mtatsminda, où, dans un petit temple aménagé devant l’église Saint-David, reposaient son mari et son enfant. Nina fit construire une chapelle au-dessus de la tombe et y fit ériger la statue d’une femme en larmes la représentant. Sur la tombe, on peut lire cette inscription: “Ton esprit et tes actes sont immortels dans la mémoire russe; mais pourquoi mon amour t’a-t-il survécu?…”.

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LA CULTURE RUSSE DANS TOUS SES ÉTATS

Posted by Kris Roman on January 28, 2008

CinémaLe 14e festival international des films pour enfants et adolescents s’est tenu à Moscou du 22 décembre au 8 janvier. Quelque 20.000 jeunes ont ainsi eu l’occasion de visionner une soixantaine de films représentant une vingtaine de pays. C’est le film “Arthur et les minimoys” (Luc Besson) qui a eu les faveurs du jury des plus jeunes. Quant au jury adulte, il a récompensé Pitbull terje (Norvège) pour la profondeur et l’expressivité des personnages, ainsi que Blöde Mütze! (Allemagne) pour le caractère actuel du thème de l’éducation.

Les nominations au 10e Eléphant blanc – prix national de la critique et de la presse cinématographiques – ont été rendues publiques le 14 janvier. La cérémonie de remise des prix aura lieu le 21 janvier. Ont été notamment nominés: Alexandra (Alexandre Sokourov), Cargo 200 (Alexeï Balabanov) et Les Choses simples (Alexeï Pogrebski) dans la catégorie “meilleur film”, Cargo 200, Les Choses simples et Deux en un (Kira Mouratova) dans la catégorie “meilleure réalisation”, Cargo 200, Les Choses simples et Séparation (premier film d’Alexandre Mindadze) dans la catégorie “meilleur scénario”.

Le film de Timour Bekmambetov Ironie du sort, suite (dans lequel on retrouve les personnages principaux du film Ironie du sort d’Eldar Riazanov) a battu des records d’entrée pendant les fêtes de fin d’année. Il a été élu meilleur film de l’année 2007 par les spectateurs, selon un sondage réalisé les 22 et 23 décembre. Viennent ensuite, selon cette enquête, 12 de Nikita Mikhalkov et L’Ile de Pavel Lounguine.

Nikita Mikhalkov a annoncé son intention d’ouvrir une Académie du cinéma à Moscou. Elle devrait accueillir des “professionnels qui savent déjà comment tourner un film, mais qui veulent poursuivre leur formation.” Il s’agit, selon le cinéaste, d’encourager les jeunes réalisateurs à “sortir du cadre de ce qu’ils ont appris à l’institut, à se libérer des chaînes du commerce”.

Théâtre

Le Koliada-théâtre d’Ekaterinbourg effectuera une tournée à Moscou, du 27 au 31 janvier. Il présentera cinq premières sur la scène du Sovremennik. Ce théâtre novateur, qui porte le nom de son fondateur, le dramaturge Nikolaï Koliada, existe depuis six ans seulement mais ses spectacles sont toujours un événement culturel. Désireux de promouvoir les jeunes dramaturges de l’Oural, il a joué le rôle d’un tremplin pour diverses pièces qui ont ensuite été récompensées lors de concours internationaux. Il s’agit d’un théâtre privé, qui vit essentiellement des droits que la publication et la mise en scène de ses pièces dans le monde rapportent au dramaturge.

Le théâtre national du Tatarstan Galiasgar Kamal, qui a fêté ses cent ans en 2007, effectue une grande tournée à Moscou, du 13 au 20 janvier. Il présente 8 spectacles sur la scène du Maly, dont un drame musical, une comédie musicale, une tragi-farce et une comédie lyrique. Au programme: des oeuvres tatares, mais aussi les Trois sœurs, ce classique russe d’Anton Tchekhov.

Musées

En 2007, trois grandes expositions ont eu lieu au musée des Beaux-Arts Pouchkine. Il y eut d’abord, en début d’année, une grande rétrospective des oeuvres de Modigliani: une bonne vingtaine de toiles et autant de dessins, prêtés par des musées d’Europe et des Etats-Unis. L’institut Modigliani avait fourni, pour sa part, des documents biographiques et des photos. Le succès fut tel, que l’exposition a été prolongée.

Il y eut ensuite, à l’automne, une exposition intitulée Chanel. L’art comme Univers. Cinq salles, décorées par Jean-Louis Froment, représentaient une sorte de parcours initiatique.

La troisième exposition s’intitulait Le Nouveau Monde. 300 ans d’art américain.

Divers

Le 7e festival international des arts Solomon Mikhoels s’est ouvert le 13 janvier à Moscou. Il est dédié au soixantième anniversaire de l’assassinat de cette éminente personnalité du monde des arts, qui fonda le premier théâtre juif d’URSS et fut président du Comité antifasciste juif. La clôture du festival aura lieu le 21 janvier.

D’après la version officielle, Mikhoels et le critique de théâtre Vladimir Goloubov, dont les corps sans vie furent retrouvés dans une rue de Minsk le 13 janvier 1948, ont été victimes d’un chauffard. Mais les historiens affirment qu’ils ont été abattus sur ordre du ministre de la sécurité intérieure de l’époque, Viktor Abakoumov.

Pour la cinquième année consécutive, des soirées dédiées à la mémoire du poète Ossip Mandelstam sont organisées à Vladivostok. C’est dans cette ville où il vécut longtemps que s’acheva, en décembre 1938, la vie de ce poète, qui mourut lors de son transfert au camp de la Kolyma.

David Bowie et l’actrice américaine Courtney Love participeront, le 14 février à Moscou, au Loveball, une soirée de gala dont les fonds seront reversés à une oeuvre caritative russe ayant pour but de construire des parcs de jeux pour les enfants.

Présence russe à Paris

Entre le 5 et le 22 janvier, le Ballet du Bolchoï donnera 14 représentations à l’Opéra Garnier. Cinq spectacles sont au programme: Le Corsaire (Adolphe Adam) dans la version originelle de Marius Petipa, une soirée mixte composée du Jeu de cartes (Stravinsky), la Bayadère (Minkus) et la Dame de Pique (Tchaïkovski) et, pour clôturer le programme, Spartacus, dans la chorégraphie de Iouri Grigorovitch.

Carnet

Les personnalités du monde de l’art qui nous ont quittés en 2007

19 janvier: Mourat Nassyrov, 37 ans, compositeur interprète. Rendu célèbre, à la fin des années 90, par la chanson Celui qui voulait aller à Tambov;

4 février: Ilya Kormiltsev, 47 ans, poète, traducteur, éditeur;

23 mars: Guennadi Bortnikov, 67 ans, comédien, artiste du peuple de la RSFSR;

25 mars: Tamara Nossova, 79 ans, comédienne, artiste du peuple de la Fédération de Russie;

26 mars: Mikhaïl Oulianov, 79 ans, comédien, directeur artistique du théâtre académique Vakhtangov, artiste du peuple de l’URSS;

27 avril: Kirill Lavrov, 81 ans, comédien, artiste du peuple de l’URSS, directeur artistique du Grand théâtre dramatique Tovstonogov; Mstislav Rostropovitch, 80 ans, violoncelliste, chef d’orchestre, artiste du peuple de l’URSS;

16 mai: Tatiana Lavrova, 68 ans, comédienne;

20 mai: Valentina Leontieva, 84 ans, présentatrice de télévision, artiste du peuple de l’URSS;

16 juillet: Mikhaïl Kononov, 67 ans, comédien, artiste émérite de la RSFSR, artiste du peuple de la Fédération de Russie; Dmitri Prigov, 66 ans, poète, peintre et sculpteur;

22 juillet: Alexandre Tatarski, 56 ans, cinéaste de films d’animation;

25 juillet: Lidia Smirnova, 92 ans, comédienne, artiste du peuple de l’URSS;

14 août: Tikhon Khrennikov, 94 ans, compositeur, président de l’Union des compositeurs de l’URSS de 1948 à 1991;

27 août: Walter Zapachny, 79 ans, dresseur, artiste du peuple de la RSFSR;

24 septembre: Natalia Pivovarova, 44 ans, chanteuse, fondatrice du groupe musical Colibri en 1989;

10 octobre: Vladimir Sochalski, 78 ans, comédien, artiste du peuple de la RSFSR;

24 octobre: Katia Ogoniok (Kristina Penkhassova), 30 ans, chanteuse interprète;

2 novembre: Igor Moïsseïev, 101 ans, chorégraphe, directeur de l’ensemble de danses populaires Moïsseïev;

3 novembre: Alexandre Dediouchko, 45 ans, comédien;

27 novembre: Natalia Dourova, 73 ans, dresseur et écrivain, directrice du théâtre d’animaux le “Coin de grand-papa Dourov”;

23 décembre: Igor Vassiliev, 69 ans, acteur du MKHAT;

26 décembre: Nina Menchikova, 79 ans, actrice.

Le metteur en scène Gedrius Mazkevicius, fondateur du théâtre du drame plastique (nouvelle pantomime) est décédé à l’âge de 63 ans, le 13 janvier. Sa troupe avait connu le succès du milieu des années 70 à la perestroïka.

Le ténor russe Sergueï Larine, 51 ans, est décédé le 14 janvier à Bratislava, où il vivait depuis 1992. Soliste permanent du Théâtre national de Slovaquie, il a fait une carrière internationale et possédait deux répertoires de prédilection: le russe et l’italien.

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